Festival de la cité de Lausanne - du 28 juin au 3 juillet 2011 - 40ème édition

Académie

Une carte blanche est donnée à la performeuse Anne Rochat qui investit de sa radicalité la rue de l’Académie.

Chaque édition, le Festival de la Cité donne une carte blanche à une ou à un artiste issu d’un domaine différent, des arts plastiques à l’architecture, en passant par les arts visuels ou la performance. Plus largement, elle s’intéresse aux multiples tendances de l’art contemporain qui peuvent métamorphoser le lieu, le temps d’un festival.

Cette année, la Vaudoise Anne Rochat invite six artistes à s’approprier ponctuellement l’espace offert par la rue de l’Académie. Chaque performeur s’affiche dans sa singularité stimulant l’imaginaire du public et le poussant à redécouvrir le lieu sous un angle artistique contemporain.

Anne Rochat est une performeuse qui aime éprouver son corps en le soumettant à des tensions et à des confrontations radicales avec différents objets. Ses propositions non dénuées d’humour sont « de taille anthropomorphique, avec toujours un aspect cinétique, un bidule qui bouge dans l’espace », confiait-elle récemment à un journaliste du Courrier.

Son projet se veut une sorte d’Académie d’artistes sans académicien-ne. Une rue performée par la performance dans la performance où six personnes surgissent à tour de rôle ou par petits groupes, troublant l’activité en cours. La rue devient un espace où six artistes peuvent exprimer leurs langages intérieurs. Leurs interventions tentent de réactiver la notion médiévale du bateleur, mais quittent aussitôt le terrain de la démonstration extérieure et de l’esbroufe visuelle pour conduire au plus profond de l’être et du psychisme.

Partagés entre le désir de suivre ces artistes insolites jusqu'au bout de leur folie et la volonté de marquer leur pouvoir et de dicter les règles, les spectateurs-trices deviennent les personnages clés qui mènent le ballet entre illusion et réalité.

Quoi que vous m’ayez donné la nuit passée… En avez-vous encore plus ?


Anne Rochat, Axelle Stiefel, Elise Carron, Elsa Philippe, Gilles Furtwängler, Louis Schild, Yann Marussich
Performances
(Suisse/France)


La rue de l’Académie performe et se transforme.

A travers plusieurs performances personnelles ou collectives, six artistes tendent un miroir à nos fractures, nos dépendances et nos limites. Leurs actions ont pour ressort dramatique le dédoublement, ordonné autour de deux thèmes forts: le miroir et la gémellité.

Se pose également la question du rapport, aigu aujourd’hui, entre l'illusion et la réalité. Est-ce parce que la figure de ce monde ne nous semble aujourd’hui n’être qu'une illusion, que nous croyons que « le monde entier est une performance »?

La richesse des imbrications des performeurs entre eux, et avec le public, met en place le vertige et ouvre une réflexion sur la création artistique.

Le monde de la performance devient alors le lieu de la fabrication de tous les possibles.

Anne Rochat
Elle détourne l'usage d'objets quotidiens. Ses gestes, tendus vers un but, ne sont jamais mécaniques, car l'objet est toujours prêt à se dérober. Très vite, l’effet burlesque est court-circuité par une atmosphère d'inquiétude et de solitude.

Elise Carron
Son travail s’oriente autour des formes de la performance et de l'installation tendant à révéler l'éphémérité des gestes qu'elle imagine. Elise Carron cible un objet simple, un lieu usuel ou un rite de la société de consommation, puis le tourne et le retourne jusqu’à l’absurde.

Gilles Furtwängler
Artiste et poète, il poursuit un travail de sculpture, d'écriture et de vidéo proche du quotidien dans sa trivialité et son universalité. Gilles Furtwängler questionne notre rapport à la représentation et surtout à ses limites.

Yann Marussich
Personnage à part dans la danse contemporaine, Yann Marussich est un écorché vif, déroutant, provocant, authentique qui soumet son corps immobile à diverses sollicitations, voire agressions.

Elsa Philippe
Elle utilise le médium de la vidéo pour des performances dans lesquelles elle se met en scène. Depuis l'année dernière, Elsa Philippe travaille aussi la performance live, dans laquelle elle incarne une sorte de fausse danseuse contemporaine, qui vient perturber la réalité.

Axelle Stiefel
Des références littéraires opaques aux réactions corporelles involontaires, Axelle Stiefel explore le champ du dicible et de l'indicible: la lettre retourne à son magma originel et les bruits corporels deviennent alphabet.


Rue de l’Académie
Du mardi 28 juin au dimanche 3 juillet,
Performances entre 20h00 et 00h00